C’est dans cet atelier que l’entreprise Eco-Mounk donne vie à son produit : le Tasuma-Gnouma, un charbon écologique fabriqué à partir de biomasse. L’atelier ne paie pas de mine. À l’intérieur, un ventilateur tente de brasser l’air saturé de suie. Le patron, Ousmane Mounkoro, veille d’un regard précis sur le processus : « On a quasiment plus de forêts, ils ont tout coupé pour en faire du charbon de bois. Nous récupérions les déchets pour les transformer en quelque chose d’utile. »
Le processus est méthodique, quasi chorégraphié. Tout commence dehors, où s’amoncellent des déchets agricoles : coques, feuilles, épluchures. Ils sont d’abord carbonisés dans un four à combustion. De là sort un charbon brut, friable, que l’on broie ensuite jusqu’à obtenir une poudre fine. Vient ensuite le mélange avec un liant naturel, pour donner une pâte homogène.
Cette pâte est versée dans une presse semi-automatique. Il suffit d’un bouton, et la machine expulse des boules de charbon bien formées. Mais, avant d’être prêtes à l’emploi, ces boules doivent sécher : d’abord sous le hangar, à l’ombre, puis en plein soleil, sur des bâches. Ousmane veille sur cette étape clé : « Il faut juste le bon degré de séchage. » Une fois sèches, les boules sont empaquetées à la main, en lots de 150 FCFA, 2000 FCFA et de 3000 FCFA prêts à être livrés dans les quartiers populaires de la capitale. Le charbon d’Eco-Mounk chauffe les marmites, mais il allège aussi l’air que respirent les familles.
Un charbon pour demain
Hama Maïga, vendeur d’essence reconverti, est aujourd’hui l’un des clients fidèles. Devant son kiosque, il ne tarit pas d’éloges : « J’utilise le charbon écologique parce qu’il est combustible, rigide, et ne dégage pas de fumée. Contrairement au charbon traditionnel, il émet beaucoup moins de gaz. »
Le produit séduit par sa facilité d’allumage, sa durabilité à la combustion, mais surtout par son faible impact environnemental. « C’est un produit de qualité, beaucoup moins toxique que le charbon classique. Il ne fume pas, ne pollue pas, et ça dure longtemps », assure Ousmane Mounkoro. Urbaniste de formation, il voit dans son projet bien plus qu’une entreprise : une réponse concrète aux urgences écologiques du pays.
« Ce projet, c’est pour préserver notre environnement, préserver la nature », affirme-t-il avant d’ajouter : « Notre but, c’est de réduire la déforestation, parce que la nécessité est là. On est là pour protéger les arbres qu’il nous reste. C’est vraiment ça, l’idée derrière ce projet. » Puis il conclut, le regard fier : « Si en même temps on peut amener un produit de qualité pour combattre le charbon de bois, on va dire que c’est une pierre à plusieurs coups. »


















