Pendant quatre jours, Bamako s’est transformée en véritable capitale africaine du taekwondo. Dans une ambiance mêlant compétition, fraternité et fair-play, les meilleurs combattants et spécialistes du poomsae du continent se sont affrontés sous les regards attentifs des officiels, entraîneurs et passionnés de la discipline. Au terme de cette grande fête du sport africain, le président de la Confédération africaine de taekwondo, Issiaka IDE, n’a pas caché sa satisfaction face à la qualité de l’organisation malienne. « Si je vous dis que mes impressions sont bonnes, c’est peu dire. Je suis énormément satisfait de ce que j’ai constaté. Je voudrais saluer cette magnifique organisation », a-t-il déclaré. Sur les tatamis, les émotions étaient tout aussi intenses. La Nigérienne Zeynab Sambawaba, sacrée championne dans sa catégorie, a savouré son succès avec fierté. « On a travaillé, maintenant on a gagné. Nous sommes fiers d’être champions dans notre catégorie et fiers d’être Nigériens. Nous sommes venus porter haut notre drapeau », a-t-elle confié, visiblement émue.
Dans l’épreuve du poomsae, où précision, maîtrise technique et concentration sont essentielles, le Camerounais Hypolie Fotso Bona, ceinture noire 7e dan, est revenu sur un début de compétition compliqué. « J’ai été déconcentré lors de mon premier passage parce que je ne m’attendais pas à cet adversaire. J’ai été surpris, mais j’ai réussi à me ressaisir pour poursuivre la compétition », a-t-il expliqué. Même joie du côté de Yaye Aïta, ceinture noire 4e dan, qui a décroché la médaille d’or tant convoitée.« Cela me fait énormément plaisir. C’était un rêve que je nourrissais depuis longtemps. Dieu merci, j’ai réussi à le réaliser », a-t-elle déclaré.
Pour la jeune Ivoirienne Émilie Bledja Eunica Victoria Yao, cette compétition restera un souvenir particulier. Pour sa première participation sous les couleurs de la Côte d’Ivoire, l’émotion était au rendez-vous. « C’est une grande responsabilité de représenter son pays à l’étranger. Cette compétition a été une très belle expérience et j’espère avoir d’autres occasions de réaliser de belles performances », a-t-elle souligné.
Au-delà des médailles et des performances individuelles, cette 17ᵉ édition a surtout mis en lumière la capacité du Mali à accueillir avec succès un événement continental d’une telle envergure. La présidente de la Fédération malienne de taekwondo, Sy Aminata Makou Traoré, s’est félicitée d’un bilan qu’elle juge exceptionnel. « À travers ce championnat, le Mali a prouvé qu’il est capable de relever les défis les plus ambitieux. Le sport malien est vivant, dynamique et porteur d’espoir. Le sport demeure un véritable vecteur de paix. Durant cette compétition, nous avons vu bien plus que des combats : nous avons vu de la fraternité, du respect et de belles victoires », a-t-elle affirmé.
Les résultats sportifs sont venus confirmer cette réussite. Avec huit médailles d’or, six médailles d’argent et huit médailles de bronze, les athlètes maliens ont signé une performance remarquable devant leur public. « Le Mali sort gagnant de ce tournoi. Nous avons réussi aussi bien sur le plan sportif que sur le plan organisationnel. C’est une réussite totale », a conclu la présidente de la Fédération.
Au terme de quatre jours de compétition intense, Bamako referme ainsi une parenthèse sportive mémorable. Au-delà des podiums et des trophées, le championnat aura surtout offert une belle image du Mali, un pays capable de rassembler l’Afrique autour des valeurs de respect, d’excellence et de paix que véhicule le taekwondo.

















