Dakar, 14 mai 2025. Dans une ambiance chargée d’émotion et d’espoir, Adam Dicko a ouvert le symposium La démocratie au féminin par un hommage vibrant à Fatou Sow, sociologue sénégalaise et pionnière du féminisme africain. À cette occasion, la responsable du programme Genre de la Fondation de l’innovation pour la démocratie a annoncé le lancement officiel du cycle triennal d’enquêtes de terrain et de recherches féministes (2025–2027), une initiative panafricaine au croisement de la science et du militantisme.
Fatou Sow, une mémoire vivante des luttes féministes

Militante infatigable, chercheuse exigeante, Fatou Sow a laissé une empreinte indélébile dans les sciences sociales africaines. Première à enseigner à Dakar la sociologie des rapports sociaux de sexe dès 1988, elle a construit des ponts entre les féminismes du Sud global et les Women’s Studies nord-américaines. Son œuvre, de Notre corps, notre santé à Genre et fondamentalismes, reste une référence intellectuelle et politique.
Adam Dicko a salué cette trajectoire hors norme :
« Maman Fatou, votre œuvre et vos combats continuent d’inspirer nos actions, nos réflexions et nos engagements. »
Un cycle de recherche pour réinventer les savoirs féministes africains

Le cycle triennal n’est pas un simple programme académique. Il ambitionne de renouveler les analyses féministes, de documenter les mutations des rapports de genre sur le continent et de nourrir le débat démocratique à travers une production de savoirs située, ancrée, incarnée.
La méthode se veut empirique et participative. Elle mobilisera de jeunes chercheuses et chercheurs africains dans une démarche qui conjugue rigueur scientifique et engagement communautaire. L’objectif ? Rendre visible ce que l’histoire officielle a trop longtemps laissé dans l’ombre.
Des partenaires engagés pour une démocratie plus juste
Pour porter ce programme, la Fondation s’appuie sur un réseau de partenaires stratégiques : l’Agence Universitaire de la Francophonie, l’IRD, Sciences Po, Pollit’elle, Equipop, l’Institut Français de Dakar, et surtout l’Agence Française de Développement. Ces alliances témoignent d’une conviction partagée : la recherche féministe est un levier crucial de transformation sociale.
Une vision politique enracinée dans les pratiques féminines
Au-delà de ce cycle, Adam Dicko a présenté les autres piliers du programme Genre : African Women’s Camp, séminaires, formations et dialogues intergénérationnels. Ce programme refuse les modèles importés et promeut des formes alternatives de leadership, ancrées dans les mémoires, les pratiques et le matrimoine africain.
« Ce que nous construisons ici, ce sont des modèles démocratiques pensés depuis l’Afrique, à partir de nos réalités, de nos blessures, mais aussi de nos ressources. »
Un mot d’ordre : science, mémoire, émancipation

En clôture, Adam Dicko a transmis un message solennel au nom de Souleymane Bachir Diagne, président du conseil d’administration de la Fondation :
« Je déclare officiellement lancé le cycle triennal d’enquêtes de terrain et de recherches féministes. Que cette initiative soit porteuse de changements profonds et durables. »
Alors que les applaudissements résonnaient dans la salle, une évidence s’imposait : le combat pour l’égalité continue, avec la science comme levier et l’Afrique comme horizon.



















