S’exprimant devant un public réuni dans un stade de la capitale, il a affirmé que « nous allons entrer en guerre avec la France », appelant à la mobilisation nationale. Il a accusé Paris de chercher à « reprendre le contrôle » du Niger et d’intervenir dans les affaires intérieures du pays.
Ces déclarations s’inscrivent dans une série de prises de position des autorités nigériennes ces dernières semaines. Fin janvier 2026, le général Abdourahamane Tiani avait mis en cause le président français Emmanuel Macron, ainsi que les présidents du Bénin et de la Côte d’Ivoire, les qualifiant de « sponsors » d’une attaque ayant visé l’aéroport international de Niamey et une base militaire proche de la capitale.
Une relation fragilisée depuis 2023
La dégradation des relations entre les deux pays remonte aux événements du 26 juillet 2023, lorsque les autorités militaires ont pris le pouvoir à Niamey, entraînant la fin du mandat du président élu Mohamed Bazoum. La France avait alors condamné cette prise de pouvoir et suspendu sa coopération militaire avec le Niger.
Dans les mois suivants, les autorités nigériennes ont demandé le retrait des forces françaises présentes sur leur territoire dans le cadre de la lutte contre les groupes armés au Sahel. Cette présence avait compté jusqu’à environ 1 500 militaires. Leur départ progressif a marqué la fin d’un partenariat sécuritaire établi de longue date.
Sur le plan économique, Niamey a engagé des mesures visant certains intérêts français, notamment la nationalisation d’actifs liés à une filiale locale du groupe nucléaire Orano. Les autorités ont également exprimé leur volonté de commercialiser directement leur production d’uranium, un secteur clé pour l’économie nationale.
Paris rejette toute intention d’intervention
Les autorités françaises ont fermement démenti les accusations portées à leur encontre. Le porte-parole de l’état-major français a évoqué une « guerre informationnelle » et assuré qu’aucune intervention militaire au Niger n’était envisagée.
Cette montée des tensions intervient dans un contexte régional marqué par des recompositions politiques au Sahel. Plusieurs pays ont redéfini leurs partenariats sécuritaires et diplomatiques, et le Niger a renforcé ses relations avec d’autres acteurs internationaux, dont la Russie.
À ce stade, aucune action militaire n’a été annoncée. Toutefois, le ton employé ces derniers jours témoigne d’un climat diplomatique particulièrement tendu entre Niamey et Paris, sur fond d’enjeux sécuritaires et économiques majeurs pour la région.


















