Selon l’AES, l’opération américaine aurait abouti à « l’enlèvement illégal du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse ». La Confédération estime que ces faits, tels qu’ils sont rapportés, relèvent d’une action militaire menée en dehors de tout cadre multilatéral et constituent une ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain. Elle rappelle à ce titre que « l’emploi de la force armée par un État contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État » est prohibé par le droit international et « constitue un acte d’agression ».
Dans son communiqué, l’AES souligne son attachement aux principes consacrés par la Charte des Nations unies. Elle affirme que l’action imputée aux États-Unis est « contraire au droit international, notamment aux principes fondamentaux consacrés par la Charte des Nations unies ». La Confédération dénonce en particulier le caractère unilatéral de l’opération et estime qu’elle contribue à fragiliser l’ordre international. Elle « regrette profondément cette violation du droit international », d’autant plus qu’elle émane, selon elle, « d’un membre permanent du Conseil de sécurité ».
La réaction de l’AES intervient dans un contexte de relations tendues entre Washington et Caracas. Depuis plusieurs années, les autorités américaines contestent la légitimité du pouvoir vénézuélien et accusent Nicolás Maduro d’être impliqué dans des activités criminelles transnationales, notamment le trafic de drogue. Washington présente l’arrestation du président vénézuélien comme une action relevant de la lutte contre le narcotrafic et le crime organisé, s’appuyant sur des procédures judiciaires ouvertes aux États-Unis à l’encontre du chef de l’État vénézuélien.
Au-delà de ces arguments judiciaires, l’opération s’inscrit dans une opposition politique de longue date. Les États-Unis reprochent au gouvernement vénézuélien des dérives autoritaires et des manquements aux principes démocratiques, notamment lors des processus électoraux. Ces accusations ont servi de fondement à une politique de sanctions économiques et de pressions diplomatiques visant à affaiblir le pouvoir en place à Caracas.
Des considérations géopolitiques et économiques pèsent également sur ce dossier. Le Venezuela dispose des plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, un enjeu stratégique majeur dans un contexte international marqué par des tensions énergétiques et par la concurrence entre grandes puissances. Les relations étroites du Venezuela avec des acteurs comme la Russie ou la Chine sont également perçues par Washington comme un facteur d’influence concurrente dans la région.
Face à cette situation, l’AES adopte une lecture fondée sur les principes de souveraineté et de multilatéralisme. Dans son communiqué, elle « interpelle le Conseil de sécurité », l’invitant à « assumer pleinement sa mission » en condamnant clairement l’action militaire américaine et en œuvrant au « rétablissement de la légalité internationale ». La Confédération réaffirme par ailleurs « son attachement à un ordre mondial fondé sur le respect et l’égalité souveraine des États ».
L’organisation exprime également « sa solidarité au peuple vénézuélien dont la souveraineté a été bafouée », soulignant que les conséquences de telles actions pèsent en premier lieu sur les populations civiles. Enfin, l’AES réitère « son attachement au multilatéralisme et au respect scrupuleux du droit international afin d’assurer la sécurité collective et la paix internationale ».
Aly DIABATÉ



















