Le Conseil National de Transition soucieux de l’état d’agonie que vit le Mali sous le coup des sanctions de la CEDEAO a reçu, jeudi 21 avril 2022, le premier Ministre, Choguel Kokalla Maïga. Le chef du gouvernement a présenté son bilan de plus de 10 mois avant de se prêter aux questions des membres de l’organe législatif de la transition. C’était dans le cadre de la session ordinaire d’avril.
Plantant le décor de cet exercice de leur mission, le président de la commission Loi, Souleymane Dé a situé cette interpellation dans son explicite contexte de besoin de réponse par rapport à l’état de santé de la nation malienne.
Les interpellations ont touché tous les sujets sensibles de la nation aujourd’hui, notamment l’état d’avancement des négociations avec la CEDEAO pour une levée rapide des sanctions qui asphyxient l’économie et le fonctionnement même de l’état, les actions menées par le gouvernement, les acquis et les difficultés. Et les conseillers ne sont pas allés par mille chemins pour interpeller le gouvernement par rapport à l’état d’exécution du Programme d’action du gouvernement qui est jugé de 30 % sur l’ensemble des 4 axes y développés à savoir le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, les réformes politiques et institutionnelles, l’organisation des élections générales et enfin la promotion de la bonne gouvernance et l’adoption d’un pacte de stabilité sociale.
Sur le premier axe, il a été unanime que les progrès sont visibles et cela au regard des actions d’achat de matériel militaire et le retour de la sécurité dans de nombreuses localités du pays. Mais au-delà, il est déplorable qu’aucune lecture visible des réformes politiques et institutionnelles ne soit vue aujourd’hui depuis dix mois déjà que nous sommes dans la phase de rectification de la transition et 4 mois après la tenue des assises nationales qui devaient être les bases de la refondation du Mali.
Motion de Censure
Avec un bilan émaillé de scandale ici et là, lenteur dans la poursuite de la lutte contre la corruption et l’absence de procès, une batterie de sanctions sous lesquelles croulent les citoyens, le Premier Ministre a eu du mal à convaincre et les citoyens et les conseillers nationaux, car il est resté dans les mots et la diversion au lieu d’apporter un éclaircissement sincère sur l’orientation de notre pays. Et au-delà des incantations et des déclarations ahurissantes pour reprendre Nouhoum Sarr, membre du CNT, le Premier Ministre n’a pas pu donner les statistiques exactes des actions de son gouvernement sur l’ensemble des questions juridiques et politiques, même s’il a soutenu que des dossiers sont transmis à la justice et des mandats d’arrêt émis, mais force est de reconnaître qu’il n’y a aucun procès jusque-là et les réponses ont laissé les conseillers sur leur faim sur un sujet aussi sensible. Diversion autour des scandales, on a eu droit à une fuite de responsabilités dans une recherche vaine de bouc-émissaires au lieu de résultats concrets des enquêtes et une annonce des sanctions exemplaires, mais c’est toujours les autres, car pour lui, ceux qui font du bruit sont des gens qui occupent illégalement les logements sociaux. Sauf que malheureusement il n’y a pas eu que les logements sociaux comme fiasco.
Un réveil brutal, ce sera ainsi pour les citoyens manipulés dans les différentes manifestations précédentes, car le Premier Ministre annonce qu’une sortie de la CEDEAO n’est pas envisageable, et la fabrication de la monnaie du Mali pas à l’ordre du jour encore moins une rupture avec la Minusma dont le mandat sera renouvelé en juin. Pour dire que jusque-là, nous avons été uniquement menés en bateau en jouant sur le sentiment national mais sans le courage nécessaire d’être sincère et d’éviter toutes ces sanctions et pertes de temps inutiles à un peuple déjà martyrisé.
S’il y a une note à attribuer au gouvernement après la sortie de ce jour, c’est bien 3/10 comme l’a soutenu Nouhoum Sarr, et c’est juste une note de renvoi. Dans une logique républicaine, une motion de censure devrait suivre cette interpellation automatiquement.
Nous espérons que le gouvernement ou le CNT s’assumera et donnera enfin une orientation sincère aux aspirations du peuple Malien.
La rédaction horontv.ml



















