Sur la place d’armes du génie militaire de la Base A de Bamako, vendredi 21 janvier 2022, Ibrahim Boubacar Keita, décédé dimanche dernier à quelques jours de son 77ème anniversaire, a été honoré.
Aux environs de 11heures, le cercueil du corps de l’ancien président de la République recouvert du drapeau national du Mali porté par des militaires est entré dans l’enceinte sous la sonnerie aux morts. Une photo de feu Ibrahim Boubacar Keita entre les mains d’un porteur d’uniforme, d’un visage tourné vers le haut. La dépouille est remise à la famille pour les cérémonials religieux à la résidence de l’ancien chef d’État à Sébénicoro là où il a été inhumé.
Des textes longs parfois courts mais riches et pertinents ont marqué l’éclat de la cérémonie d’adieu à laquelle des officiers nationaux et étrangers ont assisté, sous la présidence du premier ministre Choguel Kokalla Maiga, représentant le président de la Transition, le colonel Assimi Goita.
La petite fille de l’illustre disparu Aminata Jeanne Keita soutient qu’Ibrahim Boubacar Keita est le meilleur Papi que ses enfants puissent avoir et qu’il est et restera toujours dans leurs mémoires et comportements. D’ajouter qu’IBK les a inculqué des valeurs de générosité, de respect et l’Amour pour le Mali.
« Un champion de la culture et de l’héritage africain », l’avaient surnommé ses pairs africains.
« Un homme qui ne sait pas haïr et avait les mains sur le cœur. Il avait une bonté de cœur que ses enfants avaient du mal à comprendre », selon son troisième fils, Boubacar Keita, homonyme de son père.
« IBK était un grand homme d’État, un patriote, démocrate et républicain dans l’âme, amoureux des cultures, capable de s’adresser de la même manière joviale à un paysan le matin et un chef d’État le soir, Il a su être rassembleur, affable. Il était l’un des hommes le plus éclairé, le plus noble. Ce grand homme était un bon homme, le meilleur des hommes, un personnage humain », en crois Amadou Koita, représentant de la classe politique.
« IBK, toi qui aimait dire nous fûmes quand d’autres n’étaient encore. Tu étais un patriote, démocrate. Un homme d’État au parcours inégalé dans le service de l’État. Tu aimais sincèrement la jeunesse intelligente, tu célébrais l’excellence, avouais la médiocrité et détestais la vulgarité. Il y a tout juste quelques semaines, tu as pardonné tout et à tous. Tu étais un homme bon, un homme juste, un homme honnête. Koro, tu aimais les gens, tu aimais rendre service aux plus humbles, aux plus démunis dans la discrétion et l’anonymat qui caractérise les grands Seigneurs. Prince du Mandé, tu aimais le Mali et les Maliens que tu as toujours voulu unir et rassembler. Paix sur toi ! », a témoigné Me Kassoum Tapo, qui a pris la parole pour la dernière fois au nom des amis de l’ancien président de la République.
« Laps de deux ans »
Exprimant au nom des collaborateurs, le doyen Baba A. Haidara, a témoigné : « Sa seule préoccupation était le service du pays, la construction d’une démocratie nationale et d’un État de droit viable. Le président IBK m’est paru tout au long du septennal qu’il m’a confié comme un grand homme cultivé, jalousement attaché à son pays. Un grand républicain, convaincu des avantages et des promesses de cette forme étatique. Un grand démocrate pragmatique, un homme d’État très ouvert au dialogue. Venu au pouvoir en 2013, IBK a hérité d’un État vulnérabilisé ».
Cette sérié d’allocution au pupitre a pris fin par l’intervention du grand chancelier des ordres nationaux, Amadou Sagafourou Gueye, qui a expliqué que notre destinée après avoir joué notre partition durant notre vie, c’est d’aller à la rencontre de l’omnipotent, de notre créateur. C’est de quitter définitivement la scène. Cette mort, ajoute-t-il, ce retour à Dieu est la seule servitude que nous ayons et que le peuple fier du Mali vient d’en avoir la preuve. « L’ange de la mort l’a encore frappé au cœur, enlevant encore un de ceux qui font son histoire, un de ceux qui ont eu à cœur de mener à port le bateau Mali vers des eaux plus calmes. Ibrahim Boubacar Keita, le fils du Mandé profond vient de nous quitter. L’ancien président de la République s’en est allé rejoindre ses ancêtres et trois de ses illustres prédécesseurs au pouvoir. Il était engagé pour la sécurité et la paix », martèle le général Gueye.
Après ces témoignages des orateurs qui se sont succédé au pupitre, d’autres se sont exprimé.
Remerciant les autorités pour avoir organisé ces funérailles à l’ancien président de la République du Mali, le leader religieux Mohamed Macki Ba, a présenté ses condoléances à la famille de l’illustre disparu. Pour lui, Ibrahim Boubacar Keita était de bonne foi pour le développement du pays. Il a entrepris des grands projets en faveur du peuple et la concrétisation de ces initiatives est notre souhait le plus ardent. Que son âme repose en paix.
Abondant dans le sens, le ministre des affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Dr. Mahamadou Koné, a prié pour le repos de l’âme de l’illustre disparu, et demandé à tous les Maliens de pardonner ce grand homme. Chaque homme, rappelle-t-il, goutera la mort, et que c’est un devoir de l’État d’organiser un tel évènement à l’endroit de celui qui a dirigé le pays à un moment donné. Et cela a été voulu par le président de la transition.
Présent aux obsèques, l’ancien ministre Me Mohamed Ali Bathily, a reconnu les qualités de l’homme en rappelant qu’il a eu des engagements très forts pour le pays. Je salue cela, dit-il. « IBK a été un grand homme d’État, un grand homme politique et un grand homme de culture. A chaque rencontre avec IBK, j’ai toujours eu la quintessence de la culture », a témoigné Bathily.
Né à Koutiala le 29 janvier 1945, Ibrahim Boubacar Keita a été rappelé à Dieu à Bamako, le 16 janvier 2022 à sa résidence. IBK, Ibrim, Boua, Ladjibourama, Kankeletigui, ou Mandémassa est le troisième ancien chef d’État malien décédé dans un laps de deux ans.
La Rédaction de Horontv.ml


















